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« Le chant des mers », lettres des exilés corses au Vénézuéla

18 septembre – 18:0020:00

Comme une réminiscence des voyages des Capcorsins vers les lointaines Amériques, l’ensemble Les Poly-sons vous invite à un voyage musical par delà les mers au cours d’un programme original, inattendu et évocateur.

Tous quatre issus de familles originaires du cap Corse, bercés de l’histoire des voyages de leurs ancêtres, les musiciens de l’ensemble  » les Poly-sons » et le peintre Victor Lorenzi ont eu envie de joindre leurs arts pour raconter ces histoires ponctuées de lettres écrites par leurs ancêtres.

La musique

Des berceuses corses au tango argentin, en passant par la musique baroque italienne, ils osent des métissages de sonorités, de couleurs et de styles que leurs instruments si proches et si différents à la fois leur permettent de créer, comme un croisement des cultures des deux continents. Les cordes pincées de la guitare et du clavecin se répondent dans des sonates qui évoquent la mandoline italienne, tandis que les percussions et le marimba apportent la dimension rythmique si typique du fandango et des musiques sud-américaines.

Ainsi Scarlatti, l’italien espagnol d’adoption, se rapproche de Piazzolla, l’argentin, la musique écrite dite « savante » rencontre les musiques traditionnelles corses et sud-américaines jusqu’à l’improvisation, le fandango espagnol et le tango argentin se tendent la main dans des arrangements imaginés par les musiciens et des oeuvres écrites spécialement pour eux.

Les textes

La famille Battistini, entre Corse et Venezuela:

Comme beaucoup de familles Cap-corsines, la famille Battistini a émigré au Venezuela au cours du 19ème siècle pour y trouver meilleure vie. Outre le commerce et l’activité agraire qu’elle pratiquait, la famille Battistini était, avant tout, une famille d’intellectuels et eut un rôle important dans l’éducation et la culture au Venezuela.

Petru-Fortunato Battistini, était né à Sisco dans le hameau de Barrigone en 1837. Fut-il le premier de cette branche à partir vers le Venezuela? On ne le sait pas mais on dit là-bas qu’il aima tant ce pays qu’il « le confondit avec sa terre ». On l’appela dès-lors Pedro-Fortunato. Il épousa Domitila Borrego-Gòmez et ils vécurent à Onoto toute leur vie.

L’une de leurs filles, Josefina, épousa plus tard un cousin venu de Sisco et n’aurait probablement jamais connu la Corse si celui-ci n’avait été rappelée pour soutenir sa famille et son village lors de la première guerre mondiale.

Laissant au Venezuela leur fils ainé Francisco, ils y retournèrent épisodiquement mais finirent leur vie à Sisco, laissant ainsi une partie de leur descendance fleurir au Venezuela, et l’autre en Corse.

Josefina entretint dès lors une correspondance assidue avec ses enfants dispersés entre les deux pays et les fronts de guerre. Fille et soeur d’écrivains et de philosophes, c’est d’une plume inspirée qu’elle écrivait toujours à « l’absent », qu’elle séjournât à Sisco ou au Venezuela. On trouve, dans ses lettres, de magnifiques envolées poétiques et spirituelles, au détour des nouvelles quotidiennes. Outre le lien qu’elles maintenaient avec les siens, ses « pensées », ainsi livrées au fil de sa correspondance, témoignent de la souffrance engendrée par la séparation et le « mal du pays » : bien que de père corse, elle fût née au Venezuela dont elle garda toujours la nostalgie, comme un sentiment « d’exil dans l’autre sens ». C’était sans doute le prix à payer pour ces familles parties chercher meilleure vie au loin, et peut-être plus encore pour les femmes épousées là-bas.

Ces lettres ont été traduites par son arrière-petite-fille, l’artiste et poétesse Laurence Lorenzi, qui partit du Cap Corse au Venezuela sur les traces de Joséphine rencontrer l’autre branche de sa famille et récolter cette correspondance pour le synopsis d’un film « La nef et l’ombre « .

Les artistes

Sandrine Luigi (guitare) , Catherine Zimmer-Lorenzi (clavecin) et Philippe Biondi (percussions), après des études sur le continent et à l’étranger, se sont rencontrés au sein du conservatoire de Corse Henri Tomasi où ils sont professeurs titulaires du CA. Venant d’univers musicaux différents et jouant en solo et au sein d’ensembles spécialisés dans leur domaine, ils font dialoguer dans ce trio inattendu leurs trois instruments rarement associés : la couleur baroque du clavecin peut surprendre et se révéler beaucoup plus moderne qu’on ne l’attend au détour d’un dialogue avec la guitare à la couleur hispanisante, ou en créant la basse profonde d’un tango. La guitare nous emmène tout naturellement de l’Espagne au Venezuela , mais prolonge les sons du clavecin et se révèle étonnamment rythmique lorsque les percussions viennent lui répondre. Le marimba quant à lui, apporte une touche presque aquatique par ses sons amplifiés par des résonateurs, et sait s’adoucir parfois au point de se confondre avec les cordes pincées des deux autres.

Yves Grollemund a composé plusieurs pièces et arrangements pour ce spectacle : flûtiste, directeur de Conservatoire et passionné de musiques du monde, le défi d’associer trois instruments aux couleurs si différentes l’a amené à faire se rencontrer les mélodies de berceuses corses et les milonga et valses d’inspiration vénézuéliennes au sein d’oeuvres atypiques et envoutantes, comme « Voyage » .

Détails

Date :
18 septembre
Heure :
18:00 – 20:00

Organisateur

Amis du couvent Saint François
E-mail :
contact@couvent-saint-francois.org
Site Web :
http://www.couvent-saint-francois.org

Lieu

Couvent Saint-François de Sainte-Lucie-de-Tallano
Jard du couvent
Sainte-Lucie-de-Tallano, 20112 France
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